BIO

Sacha Rey est un·e·x artiste plasticien·ne·x, réalisateur·rice·x et chercheur·euse·x né·e·x en 1991 à Nice. Iel se définit comme une femme cis-genre en questionnement non binaire, blanche, neuro-atypique et queer. Ses pronoms sont Iel ou elle. Depuis 2016, iel arbore au quotidien des lèvres bleutées. Iel est actuellement résident·e·x à Artagon, à Marseille, où iel a son atelier. En 2019, iel est diplômé·e·x avec les Félicitations du jury de l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris (ENSBA). En 2021, iel a soutenu avec mention très bien un mémoire de recherche sur sa méthodologie de travail, la « danse documentaire », à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS) Paris.

Au cours de ces dernières années, ile a participé en tant qu’artiste à des expositions collectives dans des centres d’art tel que : Bétonsalon et la Villa Vassilieff (Paris), le Générateur (Gentilly), POUSH Manifesto (Clichy), Artagon et Coco Velten (Marseille), Le Château d’Angers et le musée des Beaux-arts d’Angers (Angers), Le Café Congo (Bruxelles), le Stadtmuseum (Düsseldorf) et la Spiral Wacoal Art Center (Tokyo). Iel a également été interprète en France, en Belgique et au Japon pour des chorégraphes et artistes plasticien·ne·s tel que Jocelyn Cottencin, Matthieu Doze, Julia Droga, Emmanuelle Huynh, Jennifer Lacey, Hoang Lê, Yuko Mohri, Daniel Nicolaevsky, Clédat & Petitpierre, Rully Shabara, Nathalie Talec et Mélanie Villemot. 

Viewing room et ventes de photographies : https://maison-contemporain.com/fr/artiste/rey-sacha/

Sacha Rey is a visual artist, director, performer and researcher born in 1991 in Nice. They define themself as a cis-women in non-binary questioning, white, neuro-atypical and queer. Their pronoms are they or she. Since 2016, they wear blue lipstick on a daily basis. They graduated with the Congratulations of the Jury at the Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris in 2019. In 2021, they defended a master thesis with merits about “documentary dance” at l'EHESS (l’école des hautes études en sciences sociale). They are currently resident at Artagon Marseille, where they have their studio.

In recent years, they have participated as an artist in group exhibitions in art centers such as: Bétonsalon and the Villa Vassilieff (Paris), the Generator (Gentilly), POUSH Manifesto (Clichy), Le Château d'Angers and the Musée des Beaux-Arts d'Angers (Angers), Artagon et Coco Velten (Marseille), Le Café Congo (Brussels), the Stadtmuseum (Düsseldorf) and the Spiral Wacoal Art Center (Tokyo). She has also performed in France, Belgium and Japan for choreographers and visual artists such as Jocelyn Cottencin, Matthieu Doze, Julia Droga, Emmanuelle Huynh, Jennifer Lacey, Hoang Lê, Yuko Mohri, Daniel Nicolaevsky, Clédat & Petitpierre, Rully Shabara , Nathalie Talec and Mélanie Villemot.

DEMARCHE

Dans une perspective queer et féministe intersectionnelle‭, ‬je mets en forme des récits intimes qui traitent de violences systémiques et qui portent sur le croisement des luttes‭. ‬Pour se faire‭, ‬j’ai comme méthodologie de travail ce que je nomme une‭ ‬‮«‬‭ ‬danse documentaire‭ ‬‮»‬‭. ‬Aussi bien dans mes films que dans mes performances‭, ‬j’emploie la musique‭, ‬la poésie et la danse dans le but de pallier à une difficulté d’énonciation et de représenter la capacité d’agir d’une personne sur des violences vécues‭. ‬J’utilise le corps‭, ‬la matière et les arts performatifs comme moyen narratologique avec l’intention de ne pas réveiller la mémoire traumatique des personnes qui témoignent et des spectateur·ice·s‭. ‬Au travers de mes‭ ‬œuvres‭, ‬j’ai donc la volonté de ne pas décrire ou montrer frontalement des violences‭, ‬ni dans une perspective misérabiliste ou voyeuriste‭.‬‭ ‬Les enjeux du récit biographique dans un contexte de violence où la narration de soi devient un outil phénoménologique et cathartique occupe une place centrale dans mon travail plastique‭. ‬

En tant que performeuse‭, ‬j’utilise mon corps et les objets qui m’entourent comme instrument de savoir‭, ‬ceci afin d’appréhender le réel autrement que par des habitus linguistiques tout en étant corps-sujet‭. ‬C’est pourquoi ma pratique cinématographique se nourrit de l’éducation somatique qui est‭ ‬‮«‬‭ ‬l’apprentissage de la conscience du corps en mouvement dans l’espace‭ ‬‮»‬‭. ‬J’emploi donc les arts performatifs comme moyen‭ ‬‮«‬‭ ‬d’empowerment‭ ‬‮»‬‭ ‬d’expériences minoritaires afin de résister à l’objectification des corps permettant de représenter des corps marginalisés à partir de leurs savoirs corporels‭. ‬Dans des‭ ‬œuvres immersives‭, ‬je tente de reconnecter lae‭ ‬‮«‬‭ ‬regardeur·euse‮»‬‭ ‬à son propre corps‭. ‬Iel peut alors être poussé vers ses propres sensations et ses propres luttes‭. ‬Aussi‭, ‬mon intérêt pour‭ ‬le mouvement réside dans le fait qu’il peut‭ ‬‮«‬‭ ‬exprimer ce devant quoi la parole reste impuissante‭ ‬‮»‬‭ (‬Laban‭). ‬

Ma recherche plastique repose sur un effort constant qui vise à considérer la parole comme une image et non comme une information‭. ‬Je tente de créer une narration par le manque‭. ‬Je mets volontairement en place un récit troué comprenant des absences de données‭, ‬une privation ou sur amplification sensorielles pour provoquer un déséquilibre‭, ‬une perte de repère‭, ‬une faille dans laquelle lae spectateur·rice s’immisce avec sa propre histoire‭. ‬Dans des‭ ‬œuvres hybrides et protéiformes‭, ‬je créée des espaces de rencontre et de transmission‭, ‬qui tente de répondre au mutisme d’une société nécro-libérale qui invisibilise ces corps sacrifiés‭. ‬

Sacha Rey

Sacha Rey engages in a practice which they describe as "documentary dance" - thus refusing the assignment of categories. Sacha Rey uses dance as a language, as a word as valid and legitimate as orality. Through this method, they seek to interview the physical memories of the participants in order to transcribe these biographical trances (Lesourd). From an intersectional feminist perspective, their plastic research is based on a constant effort to shape intimate, political and poetic narratives. They seek to create a narrative through what is missing. They voluntarily sets up riddled narratives including lack of data, sensory deprivation, to provoke an imbalance, a loss of reference, a loophole in which the spectator interferes with their own story. In hybrid and protean works, they create spaces of encounter and transmission, which tries to respond to the silence of a necro-liberal society which makes sacrificed bodies invisible.

TEXTE

De manière expérimentale et très souvent collective, les performances de Sacha Rey rentrent en collision avec leurs regardeurs afin qu’ils se reconnectent : à leur corps, aux autres, à leur environnement. Les fluides entrent également en jeux : sueur et ocytocine circulent. Sa pratique est disruptive : elle coupe le quotidien, insère un hiatus dans la pensée. Lorsqu’elle se joue du langage, Sacha Rey utilise d’ailleurs la technique du cut up où l’on accole les phrases écrites par d’autres dans un collage sémantique frappant et/ ou humoristique. C’est à ce double mouvement que nous confrontent les oeuvres de l’artiste. Parfois, face aux violences faites aux femmes ou à celles des diktats contemporains, l’ironie forme une échappatoire. Pourtant, en réinsérant ces blagues, en introduisant un détour, l’artiste accède ici à la poésie engagée qui forme ses « biographies collectives ». Alors qu’il lui arrive de faire face à la mort et aux souvenirs que laissent derrière eux nos décédés, Rey s’extrait également de l’injonction au jeunisme et à la fuite en avant perpétuelle instaurée par la modernité. Alors qu’elle pratique l’épuisement de son corps lors de performances où les contraintes physiques sont aussi importantes que sa résistance impressionnante, ne met-elle pas en abyme la manière dont la société nous contraint ?

Charlotte Cosson & Emmanuelle Luciani, Catalogue des diplomé·e·s‭, ‬Beaux-arts de Paris‭, 2019.

« Jeune artiste, performeuse arrivée des Beaux-arts d’Angers à ceux de Paris. Plus que la voix, la salive, (…) parfois habitée de personnages fictifs, de chanteuses réminiscentes d’un passé fantasmé, nous ne saurons à quoi nous attendre de ce qui débordera de gestes et de sons des lèvres bleutées d’un poltergeist. » 

Eglantine Laval, curatrice de l’exposition "L’Idiot" au Générateur, Gentilly, 2017.




CONTACT

Sacha Rey

rey.sacha06@gmail.com

crédits

Logo Fragil : Sylvain Brillault
Design web : Julie Drnd

Felicità Goodbye Horses

18 juin au 10 juillet à Poush

6 boulevard du Général Leclerc, Clichy

 – gratuit, sur inscription

Read more
linkedin facebook pinterest youtube rss twitter instagram facebook-blank rss-blank linkedin-blank pinterest youtube twitter instagram