BIO

Sacha Rey est une artiste plasticienne, réalisatrice et performeuse née en 1991 à Nice. Elle est diplômée avec les Félicitations du jury de l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris en 2019. Elle vit à Marseille. Depuis 2016, elle arbore au quotidien des lèvres bleutées. Elle est actuellement résidente à Artagon, à Marseille où elle a son atelier. En octobre 2021, elle soutiendra un mémoire de recherche sur la « danse documentaire » à l’EHESS, mention arts et langages. Elle présentera également son premier film, To Wander So Many Miles in Vain, fait au sein de l’EHESS.

Au cours de ces dernières années, elle a participé en tant qu’artiste à des expositions collectives dans des centres d’art tel que : Bétonsalon et la Villa Vassilieff (Paris), le Générateur (Gentilly), POUSH Manifesto (Clichy), Le Château d’Angers et le musée des Beaux-arts d’Angers (Angers), le Stadtmuseum (Düsseldorf) et la Spiral Wacoal Art Center (Tokyo). Elle a également été interprète en France, en Belgique et au Japon pour des chorégraphes et artistes plasticien·nes tel que Jocelyn Cottencin, Matthieu Doze, Emmanuelle Huynh, Jennifer Lacey, Hoang Lê, Yuko Mohri, Daniel Nicolaevsky, Clédat & Petitpierre, Rully Shabara, Nathalie Talec et Mélanie Villemot. 

Viewing room et ventes de photographies : https://maison-contemporain.com/fr/artiste/rey-sacha/

Sacha Rey is a visual artist, director, performer and researcher born in 1991 in Nice. She graduated with the Congratulations of the Jury at the Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris in 2019. She lives in Marseille. Since 2016, she wears blue lipstick on a daily basis. She is currently resident at Artagon Marseille, where she has her studio. In October 2021, she will defend her master thesis about “documentary dance” at l'EHESS, in Arts and languages section. She will also show her first movie To Wander So Many Miles in Vain made during her master at EHESS (l’école des hautes études en sciences sociale).

In recent years, she has participated as an artist in group exhibitions in art centers such as: Bétonsalon and the Villa Vassilieff (Paris), the Generator (Gentilly), POUSH Manifesto (Clichy), Le Château d'Angers and the Musée des Beaux-Arts d'Angers (Angers), Artagon (Marseille), the Stadtmuseum (Düsseldorf) and the Spiral Wacoal Art Center (Tokyo). She has also performed in France, Belgium and Japan for choreographers and visual artists such as Jocelyn Cottencin, Matthieu Doze, Emmanuelle Huynh, Jennifer Lacey, Hoang Lê, Yuko Mohri, Daniel Nicolaevsky, Clédat & Petitpierre, Rully Shabara , Nathalie Talec and Mélanie Villemot.

DEMARCHE

Dans une perspective queer et féministe intersectionnelle, je mets en forme des récits intimes qui traitent de violences systémiques. C’est pourquoi, j’ai comme méthodologie de travail ce que je nomme une « danse documentaire ». Aussi bien dans mes performances que dans mes films, j’emploie la musique, la poésie et la danse dans le but de pallier à une difficulté d’énonciation. Ainsi, j’utilise ces arts comme moyen narratologique afin de ne pas réveiller la mémoire traumatique de protagonistes qui témoignent ou des spectateur·ice·s. J’utilise la danse en tant que langage, comme une parole aussi valable et légitime que l’oralité. Au travers de cette méthode, je cherche donc à interviewer les souvenirs physiques des participant.es. Par exemple, je peux guider des exercices proprioceptifs où chaque participant.e tente de répondre corporellement aux questions que je leurs pose. J’affectionne particulièrement la danse car ce médium permet de ressentir et de reconnecter lae « regardeur·euse» à son propre corps. Iel peut alors être poussé vers ses propres sensations et ses propres luttes. Aussi, mon intérêt pour le mouvement résiderait dans le fait qu’il peut « exprimer ce devant quoi la parole reste impuissante » (Laban). Dans des oeuvres hybrides et protéiformes, je créée donc des espaces de rencontre et de transmission, qui tente de répondre au mutisme d’une société « nécro-libérale » (A.Mbembe) qui invisibilise ces corps sacrifiés. 

Ma recherche plastique repose sur un effort constant qui vise à considérer la parole comme une image et non comme une information. Je tente de créer une narration par le manque. Je mets volontairement en place un récit troué comprenant des absences de données, une privation ou sur amplification sensorielles pour provoquer un déséquilibre, une perte de repère, une faille dans laquelle lae spectateur·rice s’immisce avec sa propre histoire. Ainsi, la « danse documentaire » est un moyen d’alimenter ma réflexion théorique et ma pratique artistique sur : comment créer des images alternatives à la violence tout en traitant de celle-ci ? Ou de manière plus spécifique sur : Comment retranscrire cinématographiquement et performativement les « transes biographiques » (F.Lesourd) de protagonistes qui témoignent de violences sans provoquer un réveil de la mémoire traumatique tout en évitant l’écueil du « white gaze » (T.Morrison) et du « male gaze » (L.Mulvey) ?

Sacha Rey

Sacha Rey engages in a practice which she describes as "documentary dance" - thus refusing the assignment of categories. Sacha Rey uses dance as a language, as a word as valid and legitimate as orality. Through this method, she seeks to interview the physical memories of the participants in order to transcribe these biographical trances (Lesourd). From an intersectional feminist perspective, her plastic research is based on a constant effort to shape intimate, political and poetic narratives. She seeks to create a narrative through what is missing. She voluntarily sets up riddled narratives including lack of data, sensory deprivation, to provoke an imbalance, a loss of reference, a loophole in which the spectator interferes with their own story. In hybrid and protean works, she creates spaces of encounter and transmission, which tries to respond to the silence of a necro-liberal society which makes sacrificed bodies invisible.

TEXTE

De manière expérimentale et très souvent collective, les performances de Sacha Rey rentrent en collision avec leurs regardeurs afin qu’ils se reconnectent : à leur corps, aux autres, à leur environnement. Les fluides entrent également en jeux : sueur et ocytocine circulent. Sa pratique est disruptive : elle coupe le quotidien, insère un hiatus dans la pensée. Lorsqu’elle se joue du langage, Sacha Rey utilise d’ailleurs la technique du cut up où l’on accole les phrases écrites par d’autres dans un collage sémantique frappant et/ ou humoristique. C’est à ce double mouvement que nous confrontent les oeuvres de l’artiste. Parfois, face aux violences faites aux femmes ou à celles des diktats contemporains, l’ironie forme une échappatoire. Pourtant, en réinsérant ces blagues, en introduisant un détour, l’artiste accède ici à la poésie engagée qui forme ses « biographies collectives ». Alors qu’il lui arrive de faire face à la mort et aux souvenirs que laissent derrière eux nos décédés, Rey s’extrait également de l’injonction au jeunisme et à la fuite en avant perpétuelle instaurée par la modernité. Alors qu’elle pratique l’épuisement de son corps lors de performances où les contraintes physiques sont aussi importantes que sa résistance impressionnante, ne met-elle pas en abyme la manière dont la société nous contraint ?

Charlotte Cosson & Emmanuelle Luciani

« Jeune artiste, performeuse arrivée des Beaux-arts d’Angers à ceux de Paris. Plus que la voix, la salive, (…) parfois habitée de personnages fictifs, de chanteuses réminiscentes d’un passé fantasmé, nous ne saurons à quoi nous attendre de ce qui débordera de gestes et de sons des lèvres bleutées d’un poltergeist. » 

Eglantine Laval, curatrice de l’exposition L’Idiot au Générateur, Gentilly, 2017.




CONTACT

Sacha Rey

rey.sacha06@gmail.com

crédits

Logo Fragil : Sylvain Brillault
Design web : Julie Drnd

Felicità Goodbye Horses

18 juin au 10 juillet à Poush

6 boulevard du Général Leclerc, Clichy

 – gratuit, sur inscription

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