CALL ME

Photomontage, carte SIM prépayée, texte lu sur messagerie vocale, 4min04, 2021.
Pour écouter la pièce sonore appeler au 06 11 54 66 27 ou sur SEXIST 2 MERDE CENSURE MOI VAS Y JE TE PARDONNE

Bellow English and Russian text version of CALL ME

Depuis octobre 2020, j’ai reçu 18 réponses négatives à des appels à projets. J’ai écrit ce texte qui traite du parcours sans faute dans le sexisme que j’ai subi au cours de mes études d'art. « Les jeunes artistes s’évaporent-elles ? » Mettre une photo de mon corps dénudé sur un fond de plantes vertes pour évoquer non sans ironie différentes injonctions faites aux artistes qui utilisent le pronom «Elle ». Je ne vous parle même du Iel, interdit au catalogue des félicité.es des Beaux-arts de Paris. Un photomontage entre le « je trouve le corps des femmes beau », mais « les femmes dénudées c’est comme même plus sympa quand c’est des hommes cis qui sont rémunérées pour les représenter » Et le « si tu veux vendre en tant que femme artiste mets-toi à poil STP». Ce n’est pas censé être moraliste plutôt cynique. Il y a aussi l’idée de créer des spams sur l’écran de Nastassia Kotava qui est la curatrice de ce projet d’exposition. J’ai longtemps réfléchi et je me suis dit que son smartphone serait une bonne « safe place» illusoire pour lancer ce projet, qui pourrait à l’avenir être récupéré par d’autres, avec d’autres sujets et d’autres messageries vocales.

Photomontage CALL ME, Sacha Rey, 2021
Œuvre exposée sur le téléphone de Nastassia Kotava, CALL ME, NASTASSIA’S IPHONE exhibition series, Paris, France, du 15 au 21 juin 2021.
Œuvre exposée sur le téléphone de Nastassia Kotava, CALL ME, NASTASSIA’S IPHONE exhibition series, Paris, France, du 15 au 21 juin 2021.
Russian version of Call me

Le vernis des pare-chocs compose des forêts d’eau

Projet de court-métrage de science fiction ou blague apocalyptique, animation, teaser de 3min36, 2021

Dans un futur proche, des paysages désertiques témoignent de vies étouffées par la peur de tout contact. On ne savait plus comment toucher. Lassée par les discours des hommes, la matière, elle seule sait encore lui parler. Cette terre raconte, en son image, l’histoire d’une femme ayant refusé l’usage de la parole dans ce lieu sans corps. Ces paysages transpirent l'amour qu'elle a pour sa compagne Martine. Ce film traite d’une relation amoureuse tragique et du drame tant écologique que pandémique. Une éloge, non sans ironie, des relations à distance. Sauf que Martine s’est suicidée. Sous son cœur il y’avait des bleus. Ils ont déteint sur ceux de sa compagne. Elles ont des artères tie & die. Un beau turquoise délavé à l’image d’un des nombreux paysages de ce films.

Un « rêve debout », c’est laisser aller son imagination sur des choses vagues. Tel des « images survivantes », ce court-métrage de photographies animées s’adresse, sans voix off, en tutoyant le spectateur. Pour ce court-métrage de science-fiction, j’ai créé un paysage en bronze, en plâtre et en peintures. Pour se faire, je me suis donnée comme contrainte d’utiliser des éléments issus du champ de la technique cinématographique. J’ai fait des moules de composants d’un circuit imprimée d’une télévision cathodique ou d’une lampe de Fresnel.

Je créer une narration par le manque. Je mets volontairement en place un récit troué comprenant des absences de données, une privation sensorielle (pas de voix off), pour provoquer un déséquilibre, une perte de repère, une faille dans laquelle le spectateur s’immisce avec sa propre histoire. Pour écrire ce monologue, j’ai adopté un ton qui oscille entre l’absurde et l’ironie. Ce film traite d’une relation amoureuse et du drame tant écologique que pandémique. J’envisage l’expression de soi, d’une individualité, comme un espace de résistance. C’est pourquoi, le personnage que j’ai créé s’adresse au spectateur comme à un ami, dans un style oral, un peu comme dans une conversation téléphonique.

Hold Us in Our Runaway

Performance, 15 min, costume fait en collaboration avec Hoang Lê et Yassine Aftis, 2019.

À la fin, ce travail est devenu comme une sorte d’expression ou d’acceptation d’un chagrin plus collectif que personnel. Ce n’est pas l’invention d’un récit, c’est une présence. Cette performance présente l’évolution dans le temps d’un corps prêt à tout, puis qui petit à petit est conservé par son auto-organisation plutôt que sa capacité spectaculaire. Je tente de m’épuiser en chutant, de questionner les limites du corps par la répétition du même geste et de jouer avec l’illusion d’une mise en danger.
L’espace d’exposition est vide et plongé dans le noir. On entend le son amplifié et « live » de ma respiration. La performance peut se regarder à l’œil nu ou à travers l’écran d’un smartphone sur le mode vidéo avec flash. Un jeu de tensions s’opère entre un corps présent et un corps absent dû au costume réfléchissant et par le dispositif de visionnage sur le smartphone. Lorsque la·le spectateur·rice regarde la performance à travers son téléphone, mon corps disparaît dans le noir, mais en même temps c’est le smartphone qui fait apparaître le costume réfléchissant. Le corps est aplati par l’image, tel un tour de magie, il peut y avoir un côté onirique qui ferait penser aux films de Méliès et aux danses de Loïe Fuller. L’utilisation du smartphone avec ce tissu réfléchissant relève de l’ordre du trucage et me permet quelque part d’augmenter le réel. Ce dispositif redéfini donc la façon dont on perçoit le mouvement. Il permet un point de fixation, de concentration pour la·le spectateur·rice qui a le choix d’en sortir.
La chorégraphie de la performance se fait à partir d’une partition ouverte qui me permet d’improviser selon le public qui est libre de se déplacer dans l’espace de l’exposition. La partition consiste à : se tenir debout, chuter, une fois au sol rester immobile, décrocher un élément du costume, se relever. Cet enchainement se répète jusqu’à ce que tous les morceaux du costume soient détachés du harnais et répartis au sol dans l’espace de l’exposition. Le son de ma respiration « live » a pour but d’être immersif afin que la·le spectateur·rice soit avec moi dans cette chute. Mais, en même temps le son témoigne d’un contraste entre ce que je vis dans ces chutes et ce que le spectateur voit. Le mélange de ces médiums (danse, sculpture, vidéo et son) permet également d’interroger la·le spectateur·rice sur sa propre condition et sur la question de l’évènement et de témoin. Certain·e spectateur·rice me traquent avec leurs smartphones. Je tente de les mettre dans une position ambiguë, celle d’être témoin de ces chutes violentes, tout en sachant que c’est grâce à eux que je me meus… que j’avance. Que ce soit à propos du costume, de la scénographie ou de la chorégraphie, il y a pour moi dans cette performance l’idée de transformation, de quelque chose qui est en puissance, qui se construit et se déconstruit en même temps : cet organisme étrange qui se désintègre, au fur et à mesure qu’il avance, par le mouvement, qui perd ses membres, des morceaux du costumes, mais qui se transforme et révèle mon propre corps.

Le titre de la performance fait référence au poème ci-dessous :
« Rien que le très profond désir / de faire halte dans notre fuite » (« chagrin » plutôt que « désir », m’as-tu précisé quand je t’ai interrogée sur ce poème ; « nous tenir dans la fuite », as-tu préféré traduire). »
Georges Didi-Huberman citant un poème de George Séféris, dans « Densité dansée. (Lettre sur le cinéma de poésie) », 2014.

DNSAP, Beaux-arts de Paris, Paris, France, décembre 2019.
DNSAP, Beaux-arts de Paris, Paris, France, décembre 2019.
DNSAP, Beaux-arts de Paris, Paris, France, décembre 2019.
DNSAP, Beaux-arts de Paris, Paris, France, décembre 2019.
DNSAP, Beaux-arts de Paris, Paris, France, décembre 2019.
Exposition Close to Driving Ban, organisée par Sheesh Collective, Stadtmuseum, Düsseldorf, Allemagne, novembre 2019.
Exposition Close to Driving Ban, organisée par Sheesh Collective, Stadtmuseum, Düsseldorf, Allemagne, novembre 2019.
DNSAP, Beaux-arts de Paris, Paris, France, décembre 2019.
Performance devant le jury, DNSAP obtenu avec les félicitations, Beaux-arts de Paris, Paris, France, décembre 2019. Le jury était présidé par Mélanie Bouteloup et constitué d'Elise Atangana, Ingrid Luquet-Gad et de Franck Scurti.
Performance devant le jury, DNSAP obtenu avec les félicitations, Beaux-arts de Paris, Paris, France, décembre 2019. Le jury était présidé par Mélanie Bouteloup et constitué d'Elise Atangana, Ingrid Luquet-Gad et de Franck Scurti.

To Wander So Many Miles in Vain

Court-métrage documentaire, 20min06 et et série de 12 photographies numériques, 2021.

Du 6 mars au 22 juin 2020, j’ai tourné un film documentaire à Rio de Janeiro qui s’intitule : To wander so many miles in vain. Une ballade filmique au cœur de la ville dans laquelle Angelica nous fait part de son quotidien en temps de confinement. Son récit et ses chansons évoquent les rapports de forces et de dominations qui se matérialisent sur les corps. Elle performe une mémoire personnelle créant ainsi des images alternatives aux violences qu’elle subit. Elle fait le choix de se mouvoir encore, de s’éprouver, de partager pour faire en sorte que les gestes de femmes racisées ne soient pas de nouveau effacés et invisibilisés. C’est sous cette forme chorégraphique, que je nomme « danse documentaire » que j'ai choisi de répondre au mutisme d’une société nécro-libérale bolsonarienne qui invisibilise ces corps sacrifiés. Cette « transe biographique » (F.Lesourd) nous montre qu’éprouver et sentir permet de sortir des récits linéaires que nous impose l’Histoire. Ici, le cinéma documentaire tente d'archiver des émotions par une collecte hétérogène de gestes qui sont des survivances.

"Sacha Rey a choisi de lier formellement expérience du racisme et espace urbain, en offrant un cadre esthétique à la parole engagée de l’interlocutrice privilégiée pour le film. Voix et écritures publiques soutiennent ainsi une réflexion politique sur la fluidité des corps et des choses — qualifiée de « danse documentaire » — qui refuse ainsi formellement, au travers d’une discussion de l’actualité de l’esclavage, l’assignation de catégories. Le traitement de transparence des images sert le propos avec grande justesse. Le résultat est à la fois un document sur le moment COVID19 sous Bolsonaro à Rio de Janeiro au printemps 2020, mais aussi un échange poétique et poignant avec une femme soucieuse de comprendre la domination raciste qu’elle subit et de faire entendre les efforts pratiques et oniriques pour y échapper." Christelle Rabier, maîtresse de conférences en sciences sociales, EHESS (site Marseille).

Vous pouvez me contacter par mail afin d'obtenir le mot de passe ou d'autres informations : rey.sacha06@gmail.com

 To Wander So Many Miles in Vain, short documentary, 20min06 and 12 digital photographies, 2021.

A “ballad film” in the hurt of Rio de Janeiro in which Angelica talks about her everyday life during the first lockdown. Her own narrative and her songs bring to mind ratio of powers and dominations which are materialized on bodies. She performs a personal memory creating alternatives images against violences she's undergoing. She chooses to continue moving herself, feeling, sharing, and making sure gestures of racialized women will be not erased and invisibilized again. It’s under this choregraphic form called "documentary dance " - which thus refuses the assignment of categories, that Sacha Rey chose to answer to the mutism of bolsonarian “necro-liberal” (A.Mbembe) society. This “biography transe” (F.Lesourd) showing us that feeling and experiencing allow us to get rid off the linear History imposed. Here, the documentary try to archive emotions through an heterogeneous collection of gestures which are “survivals and legacies” (A.Warburg). 

You can contact me by mail for more informations or to get the password : rey.sacha06@gmail.com

Corcovado, Rio de Janeiro, Brésil, mars 2020.
Corcovado, Rio de Janeiro, Brésil, mars 2020.
Kenia Fernandes, República Maná Lounge, Sao Conrado, Rio de Janeiro, Brésil, Juin 2020.
Gamboa, Rio de Janeiro, Brésil, Juin 2020.
Sport de Terrasse, confinement, Santa Teresa, Rio de Janeiro, Brésil, Mai 2020.
Iacyarah Helena Coelho Carneiro Alves dit Emana Helena Dtroia, Gamboa, Rio de Janeiro, Brésil, juin 2020. https://www.instagram.com/emanahelena/
Gamboa, Rio de Janeiro, Brésil, Mars 2020.
Gamboa, Rio de Janeiro, Brésil, Mars 2020.
Angelica De Paula, Gamboa, Rio de Janeiro, Brésil, juin 2020. https://www.instagram.com/angelica_de_paula/
Santa Teresa, Rio de Janeiro, Brésil, mai 2020.
Gamboa, Rio de Janeiro, Brésil, Juin 2020.
Iacyarah Helena Coelho Carneiro Alves dit Emana Helena Dtroia et ses amis, Gamboa, Rio de Janeiro, Brésil, juin 2020. https://www.instagram.com/emanahelena/

This Picture of You

Court-métrage documentaire, 8min38 et série de 10 photographies numériques, 2019-2022.
Recherche de financements pour la post-production et la création d'une bande originale par un.e musicien.ne algérien.ne. Durée finale estimée : 30min.

Ce court-métrage est une tentative d’aborder la question de la mémoire transgénérationnelle par le prisme de la danse contemporaine. Par la pratique d’exercices proprioceptifs, ma grand-mère, ma mère, et moi-même tentons de répondre corporellement à ces vidéos projetées. Nous essayons d’utiliser la danse en tant que langage, comme une parole aussi valable et légitime que l’oralité. Nous expérimentons chacune une traduction physique des mots ou des situations qu’ont vécus nos corps. Par cette conversation gestuelle, je cherche à interviewer les souvenirs physiques de trois générations de femmes. Une survivance de gestes d’une mémoire collective qui toujours nous accompagne se révélant dans la surimpression de ces images filmiques. Nous tentons ainsi d’articuler un vocabulaire commun entre danse et mémoire, presque telle une forme de «reenactment». Ce que j’appellerais une «danse documentaire». Une méthode permettant de performer une mémoire personnelle qui tente de sortir des récits linéaires de l’Histoire imposée. Les images projetées ont été tournées entre le 30 et 31 décembre 2018, sur un ferry allant d’Alger jusqu’à Marseille. Nous regardons un film, celui de notre départ d’Alger. Emmanuelle Paltrinieri, ma grand-mère, rentre dans le champ de la projection. Elle avance les yeux fermés. Si je le veux, je peux la suivre, peut-être en canon ou rester hors champ. J’avance dans le noir. Cela faisait 57 ans qu’Emmanuelle n’était pas allée en Algérie. Elle n’était pas pied-noir, ni originaire de ce pays. Elle s’y était rendue 6 mois entre 1960 et 1961 pendant la guerre de Libération algérienne. Son mari, Nicolas Boutovitch, y faisait son service militaire obligatoire en tant que médecin. Là-bas, ils trouvèrent une solution pour écourter son séjour forcé : faire un enfant. Ma mère et sa sœur jumelle naquirent le 24 juillet 1961 à Cannes. En août 1961, mon grand-père est relaxé du service militaire. Il deviendra anesthésiste. Le titre du film fait référence à la chanson Pictures of You du groupe de New Wave et Post-punk, The Cure, sortie le 19 mars 1990.

Extrait du court-métrage This Picture of You, 8min38. https://vimeo.com/386254974 Mot de passe: contacter rey.sacha06@gmail.com

Départ du Ferry, Alger, Algérie, Décembre 2018.
Emmanuelle Paltrinierie, ma grand-mère, Paris, France, Janvier 2019.
Départ du Ferry, Alger, Algérie, Décembre 2018.
Emmanuelle Paltrinierie, ma grand-mère, Paris, France, Janvier 2019.
Départ du Ferry, Alger, Algérie, Décembre 2018.
Départ du Ferry, Alger, Algérie, Décembre 2018.
Sonia Boutovicth, ma mère et moi, Paris, France, Février 2019.
Sonia Boutovicth, ma mère et moi, Paris, France, Février 2019.
Arrivé du Ferry, Marseille, France, Décembre 2018.
Emmanuelle Paltrinierie, ma grand-mère et surimpression de Sonia Boutovitch, ma mère, Paris, France, Janvier et Février 2019.

Do You Really Want to Hurt Me

Performance participative, 2019. La durée de la « danse massage » est d’environ 15min. Scénographie : Tapis de gym, gaffeur, portant, vestes de sport, accessoires SM.

Perfomeur·euses: Nayabiwgue Abrin, Mathieu Alary, Hoang Lê, Alexis Lourme et Sacha Rey.

L’obscénité serait une question de voir et de faire voir. Dans cette performance, je propose au « regardant » de devenir « participant·e ». Toutes les quinze minutes, j’invite deux spectateur·rices à s’allonger au milieu de l’espace scénique composé de tapis de gym, pour qu’iels ne jouissent pas d’une vision frontale. Ces deux spectateur·rices se fondent alors avec les corps des quatre perfomeurs qui dansent et les massent simultanément. Ces quatre perfomeurs offrent ainsi aux deux «spectateur·rices participant·es », ce que je nomme une «danse-massage », dont le contact se situe entre le massage et l’effleurement. Tout en tournant autour de l’espace scénique, je guide par la voix et montre les positions à adopter. J’utilise le langage comme une force de mise en mouvement. D’une certaine manière ces quatre performeurs incarnent mon langage. Aussi, durant toute la durée de cette « danse-massage », je communique régulièrement avec les deux « spectateur·rices participant·es » pour m’assurer de leur confort et de leur consentement. D’autre part, dans cette pièce, j’assume une forme d’objectivation et de fétichisation des corps masculins de ces quatre performeurs. Je tente de déconstruire la représentation hégémonique hétéro patriarcale du corps masculin, en lui attribuant une potentialité érotique liée au service, au soin et au don, initialement ainsi que majoritairement attribuée aux femmes. D’où le fait que je me joue des codes du Sado-masochisme pour tenter de les désacraliser en induisant un certain rapport clownesque et stéréotypé grâce aux costumes et aux accessoires. Le titre de cette performance participative fait référence à la chanson, Do you really want to hurt me ? de Culture Club, sortie le 1 er septembre 1982. Le titre est volontairement sans point d'interrogation.

«Do your really want to hurt me», performance pour l’exposition Variations, Beaux-arts de Paris, Paris, Mars 2019. Crédits photographiques Adrien Thibault.
«Do your really want to hurt me», performance pour l’exposition Variations, Beaux-arts de Paris, Paris, Mars 2019. Crédits photographiques Adrien Thibault.
«Do your really want to hurt me», performance pour l’exposition Variations, Beaux-arts de Paris, Paris, Mars 2019. Crédits photographiques Adrien Thibault.
«Do your really want to hurt me», performance pour l’exposition Variations, Beaux-arts de Paris, Paris, Mars 2019. Crédits photographiques Adrien Thibault.

Sensations Orphelines

Installation vidéos sur 6 TV et 8 casques audio, 1h16, 2017. Recherche en cours d'un.e producteur.ice et de financements pour réécriture et réalisation d’un long métrage documentaire.

Durant 9 mois, j’ai filmé et accompagné mon grand-père, Antoine Paltrinieri, jusqu’à sa mort. Immigré italien, il me racontait sa jeunesse à Modène puis à Vallauris, comment sa famille a fui le fascisme sous Mussolini, son premier travail dans un abattoir à Cannes à l’âge de 13 ans et la chance qu’il a eu de ne jamais être mobilisé pour aucune guerre. Il me disait : « moi, je n’étais pas dans la moyenne classe, j’étais en dessous de la moyenne classe. » Il perd la mémoire, de nombreux AVC, parfois il pense que je suis sa femme, ma grand-mère. J’ai un souvenir d’hiver. Son corps était froid. Il me disait à propos des chauffages : « Tu es sûre qu’il y a du feu là-dedans ?» Durant le tournage, j’avais en tête une phrase sans ponctuation, quelque chose qui tournait très vite : Qu’est-ce que l’on fait de nos morts on continue rester du côté des vivants essayez de rire. A la fin, cette image blanche de ma cousine, Morgane, avec un grand chapeau, on dirait une pleureuse qui rendrait presque la situation comique si ce n’était pas un enterrement. Cette installation vidéo porte sur la transmission, la vieillesse, le paradoxe entre la peur et l’envie de mourir... La musique ita­lienne est un motif récurant dans la mesure où c’était l’une des rares activités qui l’occupait et lui donnait envie de continuer de vivre. Au travers de ce projet de film, je me suis donnée le moyen de le revoir, de l’enterrer à ma façon et de commencer quelque chose d’autre dans la création, mes premiers pas dans le cinéma documentaire.

I Have Danced Inside Your Eyes, Se masser sur le sol de Paris, Pour créer une mélodie je préfère la glace et autres performances

I Have Danced Inside Your Eyes, performance participative, 45min, pour l’exposition Flower Power, à l’hôtel La Louisiane, Paris, France, mai 2019. Commissariat Anaïd Demir. Pâquerettes, cagoules en résille, éclairage Led bleu.
Perfomeur·euses: Nayabiwgue Abrin, Cyprien Delahousse, Hoang Lê, Alexis Lourme et Sacha Rey.

Se masser sur le sol de Paris, happening dans le métro, Paris, septembre 2019.
Combinaisons de protection, cagoules noires, gants pour manipuler.
Perfomeur·euses: Nayabiwgue Abrin, Junior Barona, Paul-Emile Bertonèche, Hoang Lê et Sacha Rey.

Pour créer une mélodie je préfère la glace, performance participative, 40 min, Journées Portes Ouvertes des Beaux-arts de Paris, Paris, France, juin 2019.
Scénographie créée en collaboration avec Hoang Lê : glaçons, plaque de plexiglas sur fil de barbelé 200x 100 cm, balasson (instrument de musique en métal avec billes et clous) 160x60x30 cm, sphère en métal 50 cm de diamètre, 2 armoires à casiers métalliques, éclairage Led bleu.
Masques en grillage de fil d’aluminium, lacets noirs et jaunes fluo et colliers de serrage en plastique transparent crées par Hoang Lê.
Perfomeur·euses: Nayabiwgue Abrin, Mathieu Alary, Camille Biclair, Yohann Bouzid, Steven Denizot, Sonia George Lilian, Hoang Lê, Eun Sol Lee, Alexis Lourme et Sacha Rey.

Balasson, Sacha Rey, sculpture, 2015. instrument de musique en métal avec billes et clous) 160x60x30 cm Inspiré du Balassons en bois d'Eric Van Osselaer.

The Century of June recalled, vidéoclip pour Des Hordes, 2015. Montage son et image : Sacha Rey De 2014 à 2016, Des Hordes était un groupe de musique expérimentale composé de Mathilde Bodiguel, Julia Droga, Vincent Reynaut, Zazie Bross, Amelie Patry et Sacha Rey. Reprise d’une vidéo de Joseph Cornell, Centuries of june, tournée en 1951 par Stan Brackhage en kodachrome, dégradée depuis.

Quatuor à pierres, Sacha Rey et Pier de Byer, performance participative, à l’ESBA TALM Angers, 2014. Pour l'exposition Stéréo-tomies organisée par Pier de Byer de http://micr0lab.org/​ et Sacha Rey. Performance participative avec deux tailleurs de pierre et personnes volontaire du public. Tuffeau, outils de taille de pierre, amplification par micro contact, enceintes, table de mixage.

Quatuor à pierres, Sacha Rey et Pier de Byer, performance participative, Château d'Angers, Angers, France, 2016. Pour l'exposition Faire paysage organisée par Isabelle Levenez et Laurent Millier. Tuffeau, outils de taille, système de diffusion et de traitement sonore (micro contact et pédale de réverbération). Perfomeur·euses: Margaux Brujère, Pier de Byer, Julia Droga et Sacha Rey.

I’ll be gone B4 Yr Home

Vidéo, 8min34s, 2018.

Une intelligence artificielle, dont le rôle initial est de relaxer les êtres humains, tente de faire un plaidoyer pour se donner le droit d’exister. Entre parodie d’audiencements, qui sont des enregistrements vocaux devant permettre de soulager des troubles émotionnels et de la notion d’« hystérie » version 2.00. Le titre fait référence à la chanson gone B4 Yr Home du groupe Le Tigre sortie en 2001. Ce group américain de punk rock est dans la continuité du mouvement Riot Girrrl.

Icône

Encre de chine, eau congelées et clous, 2016.

Toujours mue par ce désir de mettre en mouvement, je souhaitais que le tableau déborde de son cadre. Qu’il prenne alors pour surface le lieu standardisé de l’exposition : le white cube. Un choix chromatique, le blanc qui se veut « neutre » sans l’être. Tenter d’induire un rapport performatif à la peinture, jouant de l’irréversibilité du temps et de l’empreinte. Une volonté de rendre ce medium presque immatériel et insaisissable. Une figuration invraisemblable qui résonnerait avec cette frustration de l’impossible enregistrement du réel. Une mémoire qui se perd et s’écoule. Une mémoire qui tâche l’espace blanc. Une « toile » en perpétuel changement, qui libère l’encre lorsque la glace fond. Vestige : des flaques sur le sol et des traces aux murs. Parfois, le tableau tombe avant la fin de sa fonte et dans sa chute il devient violemment sonore. Une œuvre qui tente de s’échapper de sa structure et du mur. L’eau congelée questionne l’autonomie du tableau et l’aléatoire de son tracé. Monochrome démocritéen qui scanderait que « rien ne demeure tout se transforme ».

Icône, un monochrome en glace noire, ESBA Talm, Angers, 2016.
Icône, un monochrome en glace noire, ESBA Talm, Angers, 2016.